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Working Paper - LE GOLFE, LE GRAND MOYEN-ORIENT ET LA « BALANCE » MONDIALE

Auteur: 
Irnerio Seminatore
Date de publication: 
20/12/2010

 

 

TABLE DES MATIÈRES

La région du Golfe, comme espace stratégique à potentiel de conflit élevé constitue un des grands laboratoires géopolitiques pour le modelage du système international de demain. Un système affecté par le déclin du leadership américain, l'éclipse diplomatique des Nations européennes, la montée en puissance de l'Iran, l'émergence économique de la Chine, le retour actif de la Russie et le rôle néo-ottoman de la Turquie.

La sécurité du Golfe, vitale pour l'Occident, s'inscrit, comme « sécurité régionale incertaine » à l'intérieur de la zone maritime qui débouche sur l'Océan Indien et, comme « sécurité méta-stable élargie », dans une série d'équations géopolitiques d'ordre planétaire

Du point de vue des schématismes rationnels et de la distribution des grands espaces géographiques, la projection du Golfe vers l'Océan Indien fait de cet Océan le « pivot des mers », l'axe de gravité du monde de demain Il s'agit d'une zone qui cumule plusieurs incertitudes : vers la Méditerranée la pérennisation du conflit israëlo-palestinien, du Nord au Sud la longue guerre contre le terrorisme, avec la rébellion yéménite bouthiste et la piraterie sur la façade continentale de l'Afrique, au coeur du nœud régional, le suspense indéfini des négociations avec l'Iran et, en toile de fond, le risque d'affrontement larvé entre l'Occident et le monde musulman.

De quoi alimenter les préoccupations des chancelleries et le tellurisme naturel des nations.

Du point de vue militaire, le Golfe apparaît comme une zone d'influence exclusive des USA où le basculement de la « Balance of Power » à la faveur de l'Iran, suite au deuxième conflit du Golfe 2003 a produit quatre conséquences principales :

  • la mise en place d'une nouvelle posture stratégique des Etats-Unis, dans le but de reconstruire l'appareil de défense irakien,
  • la définition d'une coopération multilatérale accrue, pour permettre aux Etats de la région de disposer d'une capacité collective d'action face à des menaces multiformes,
  • un deal militaire discret entre Israël et la Russie, doublé d'une coopération nucléaire civile entre la Russie et l'Iran
  • et enfin l'établissement d'un partenariat stratégique entre le Conseil de Coopération du Golfe (GCC) et l'Irak, finalisé à la préservation d'une stabilité régionale entre puissances alliées, qui va de la Jordanie à l'Arabie Saoudite.
GOLFE, MULTIPOLARISME ET BALANCIERS MULTI-LEVEL

La sécurité du Golfe peut être départagée en trois cercles à vulnérabilités différenciées du pont de vue des enjeux géopolitiques et stratégiques.

  • le premier cercle est celui de la « balance régionale »,

  • le deuxième cercle, celui du Grand Moyen Orient ou de la « Balance élargie »,

  • le troisième cercle, celui de la « Balance globale » ou des grands équilibres du système international.

Ainsi, en tenant compte des ressources, des menaces et des défis, ces trois balances influent différemment sur les équilibres régionaux, ainsi que sur les effets stabilisateurs des puissances extérieures dominantes, puisque l'hégémonisme et l'unipolarisme sont des phases internationales précaires et historiquement transitoires.

CERCLES OU MODÈLES THÉORIQUES ? LE PREMIER CERCLE OU LE MODÈLE DE LA « BALANCE RÉGIONALE »

La première « Balance » est celle du Golfe proprement dit, qui demeure en état de tensions permanentes avec ses acteurs étatiques, ses rivalités historiques et ses conflits stratégiques.

Au Golfe, la « sécurité énergétique » n'est pas la résultante d'un « nationalisme des ressources » tel qu'il est pratique par la Russie ou le Venezuela, mais de la « stabilité stratégique » ou d'un effet stabilisateur extérieur joué par les Etats-Unis.

La sécurité de cette zone est incontournable pour les économies et les sociétés avancées. Pendant la période de la bipolarité et l'affrontement Est-Ouest (1949-1989) la stratégie américaine a essayé d'isoler l'Iran et d'orienter la politique de l'Irak dans le sens d'un alignement de ce dernier sur les pays modérés de la zone et elle revient aujourd'hui en protectrice des intérêts globaux de la région.

LE DEUXIÈME CERCLE ET LE « GRAND MOYEN ORIENT » OU LE MODÈLE DE LA « BALANCE ÉLARGIE »

La deuxième Balance est celle du « Grand Moyen-Orient »1 qui correspond à un « Arc de crise » à forte asymétrie aux intérêts contradictoires et à une interaction conflictuelle intense (Kaboul, Téhéran, Riyad, Bagdad, Mossoul). Elle a pour balancier l'Iran et pour plats de la balance la région du Caucase et de l'Asie centrale vers le Nord et la Péninsule arabique vers le Sud. Cette balance pèse de manière décisive sur la stratégie globale des puissances majeures de la planète.

Trois caractéristiques retiennent cet espace, apparut à la fin du XXème siècle de l'effondrement de l'empire soviétique, l'instabilité politique, les ressources énergétiques et le « moment » iranien. Ce « moment » s'affirme sur ces deux régions, dont l'une est celle du versant méditerranéen, caractérisé par l'établissement d'un axe politique entre le Hamas, le Hezbollah, la Syrie et l'autre celle du versant méridional, constitué par la péninsule arabique et le plateau iranien.

Le trait dominant de cet espace est marqué par sa conflictualité, sa vulnérabilité et son extrême fragmentation, rendue plus aiguë par l'influence déstabilisante de « l'Arc de crise » qui se superpose à la situation régionale et va de Tanger à Kaboul et de Tbilissi à Tel-Aviv.

1Le Grand Moyen Orient est le terme utilisé par le Président George W. Bush (Graeter Middle East Initiative, GMEI, le 26 février 2003) pour désigner un espace s'étendant du Maghreb et de la Mauritanie au Pakistan et à l'Afghanistan, en passsant par la Turquie, le Machrek et l'ensemble de la péninsule arabique. (in Géopolitique novembre 2010 – n° 111)

LE TROISIÈME CERCLE ET LE MODÈLE DE LA BALANCE GLOBALE.
LE LINKAGE STRATÉGIQUE ET LA MULTIPOLARITÉ

Le troisième cercle, celui de la « Balance globale » ou du système international multipolaire, influe sur les joueurs locaux par le biais de la distribution du pouvoir et par l'effet stabilisateur de son poids stratégique et politique.

Quatre grands triangles étendent la sphère des relations géopolitiques du Golfe vers le système global. Ils en définissent une série de vecteurs actifs et excentriques agissant sur base multilatérale mais sans remettre en cause le multipolarisme du système.

Il s'agit :

  • du triangle Téhéran-Ankara-Damas contre les intérêts de sécurité d'Israël, du Caire et de Riyad

  • du triangle Beijing, Islamabad et Téhéran, ce dernier y adhérant comme allié « circonstanciel » contre l'Inde

  • du triangle Ankara – Brasilia – Téhéran par l'établissement « conjoncturel » d'une entente stratégique entre pays émergents,

  • du triangle Téhéran-Beijing – New Delhi, comme entente énergétique, en compétition avec les intérêts économiques des pays du Golfe.

Ce dernier triangle place la Chine en posture de « puissance dormante » dans le Golfe où le rôle de puissance médiane active, revient à la Turquie qui négocie sa nouvelle fonction géopolitique entre Europe et Grand Moyen Orient, Islam et Occident, puissances de la mer et puissances de la terre.

Ainsi et jusqu'à présent, les USA ont exercé leur pouvoir de modelage stratégique par l'élimination de la puissance militaire irakienne et cette issue a engendré une exigence de contre-poids dans la balance régionale, justifiant le besoin d'un rééquilibrage extérieur. De manière générale, l'environnement stratégique est dominé au plan conventionnel par l'Iran et, au plan nucléaire, par le couple israëlo-américain, et cela aux deux niveaux, régional (Israël) et global (États-Unis).
Cette interdépendance entre équilibre mondial et équilibre régional, entre conventionnel et nucléaire est régulée par le biais d'un « Linkage » stratégique et d'une diplomatie globale.

La région est soumise par ailleurs à l'équivoque de systèmes d'armements non déclarés et donc à des doctrines et calculs militaires trompeurs.

Cette même interdépendance, entre le niveau planétaire et le niveau régional élargi, se fait valoir par une série de références :

  • l'absence d'un système de sécurité collective qui conditionne l'environnement du Golfe,

  • la prépondérance d'un acteur extérieur dominant,

  • l'existence d'une violence politique venant de formes de radicalisme islamique soutenues tantôt par l'Iran, tantôt par l'Arabie Saoudite,

  • l'imminence permanente d'un conflit entre l'Iran, Israel et ses alliés, aux répercussions « multi-level », régionales (Golfe) inter-régionales (Grand Moyen-Orient) et globales (équilibre multipolaire).

    La réaction des pays du Golfe à la menace iranienne a été depuis 2001, selon le « IISS Military Balance 2010 », une augmentation significative des dépenses militaires en armes conventionnelles, tandis que l'Arabie Saoudite, qui a sous-traité sa sécurité aux USA, n'a guère exclu le recours à l'option nucléaire pour contre balancer les ambitions iraniennes.

En ce sens, les diplomaties des pays du Golfe ont fait appel à une combinaison « d'engagement, de containement et de dissuasion », à l'exception de l'Arabie Saoudite et de l'UEA (Union des États Arabes), qui ont utilisé les tensions USA-Iran pour jouer un rôle autonome dans la diplomatie régionale. Cependant, les différents signaux adressés à l'Iran n'ont guère diminué son influence dans le Golfe et son objectif d'obtenir l'arme suprême désormais débarassé de son pire ennemi, le régime bahasiste de Saddam, lui a fait marquer des points chez ses voisins.
C’est désormais l’Asie, le Moyen-Orient, le Grand Moyen-Orient et les « Balkans mondiaux » qui s’imposeront comme les régions les plus dangereuses de la planète et qui pourraient remettre en cause l'influence internationale globale des USA, acquise depuis la Deuxième Guerre Mondiale.

C’est en Asie que se situent aujourd'hui les querelles de souveraineté les plus aiguës et c’est au Golfe Persique et au Grand Moyen-Orient que se joue la primauté des institutions de sécurité euro-atlantiques et où se fera le test de la puissance américaine.

PERSPECTIVES D'UN SYSTÈME RÉGIONAL STABLE

Au point de vue conceptuel mais aussi politique, il ne saurait y avoir de système régional stable dans le Golfe Persique sans l'inclusion des deux Etats dominants, l'Irak et L'Iran, ne faisant pas partie du GCC.

La poursuite de la situation actuelle, de fragmentation et d'hétérogénéité politiques, doublées d'une mixité et discontinuité stratégiques fondées sur les trois options de la dissuasion de la « Balance et du containement » (roll-back inclu), ferait prendre en otage toute la région par une condition permanente de « statu quo » socio-politique et de précarité conflictuelle. L'impasse majeure qu'engendre cette condition est la « non guerre », la « non réforme «  et la « non intégration régionale ». Par ailleurs et aux yeux des États-Unis, puissance militaire dominante et arbitre extérieur unique de l'orientation stratégique du Moyen Orient, la défense de l'establishment régional, idéologiquement mondialisé et politiquement conservateur, surtout dans les affaires domestiques, a un coût exorbitant, qui excède l'aspect militaire (et multilatéral d'une stratégie d'engagement) et concerne la radicalisation fondamentaliste dans le monde.

Bâtir un nouvel ordre régional signifie donc d'y intégrer d'autres dimensions, non militaires et d'autres acteurs à vocation civile, comme l'UE, s'en tenir à la seule la dimension balistique et nucléaire suivie par l'Iran, signifie déplacer le problème sécuritaire de l'échelle régionale à l'échelle globale ouvrant une nouvelle page du « Grand Jeux » eurasien.

Ainsi et pour conclure, la sécurité régionale pour devenir opératoire et crédible nécessite, en amont, dialogue, confiance et volonté politique et, en aval, interaction capacitaire croisée et contribution multilatérale intensifiée pour la résolution des conflits et à la prévention des crises, étant entendu qu'il n'y a aucun multilatéralisme qui marche sans une forme quelconque d'unilatéralisme directeur.

Au plan mondial et au niveau de la perspective historique, la stabilité et la sécurité du Golfe ainsi que son intégration et coordination politiques, constituent une priorité et nécessité stratégiques, essentielles à la gouvernabilité du système international d'aujourd'hui et de demain.

1Le Grand Moyen Orient est le terme utilisé par le Président George W. Bush (Graeter Middle East Initiative, GMEI, le 26 février 2003) pour désigner un espace s'étendant du Maghreb et de la Mauritanie au Pakistan et à l'Afghanistan, en passsant par la Turquie, le Machrek et l'ensemble de la péninsule arabique. (in Géopolitique novembre 2010 – n° 111)

1 Les « Balkans eurasiens » constituent, selon Brzezinski, une mosaïque ethnique, le cœur d'une vaste « zone de pouvoir vacant » et d'instabilité interne. Ils regroupent neuf pays : le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, l'Ouzbékistan, le Turkménistan, l'Azerbaïdjan, l'Arménie, la Géorgie et l'Afghanistan. On peut y inclure la Turquie et l'Iran.

ANNEXE
LE CONCEPT DE SÉCURITÉ COLLECTIVE

L'idée de « sécurité collective » évoque historiquement une série de notions, évolutives et liées entre elles :

  • l'idée d'un système d'alliances ou de garanties par lesquelles des États se portent mutuelle ment secours en cas de menace ou d'agression. Le système, fondé sur la légitime défense, obéit à une convention rationnelle et naturelle dictée par l'exigence de survie.
  • L'idée de la mise en commun de responsabilités, incombant à chaque membre de la communauté des États, et consistant à ne pas violer ses obligations d'appartenance à l'en semble en matière d'usage de la force ou de menace d'usage de la force. Or, la nature de cette responsabilité ne peut être tenue pour une obligation de droit, ni pour une règle contraignante.
  • La troisième idée tient à la justification de l'action d'auto-défense collective, propre au « droit naturel », celle de « juste cause ». Elle concerne la réponse envisagée pour la sauvegarde des « intérêts communs. »
  • La quatrième est celle d'atteinte à la paix ou de menace d'atteinte à la paix, et donc l'atteinte à la stabilité du système. Cette atteinte justifie autant de questions :
  • L'auto-défense collective qui résulte d'une alliance militaire, est-elle stabilisatrice ou déstabilisatrice pour l'ordre existant ?
  • A-t-elle pour but d'éliminer la guerre ou simplement de la justifier ?
  • La sécurité collective arrive-t-elle à concilier l'équilibre de puissance, par sa nature évolutif et la stabilité du système, nécessaire au maintien de la configuration des forces et donc de sa morphologie historique ?
  • La sécurité collective comporte-elle des règles et des institutions de sauvegarde, d'encadre ment et d'exercice ?

La restriction du recours à la force, comme murissement historique du concept d'auto-défense individuelle n'est guère une condition d'efficacité du système de la « sécurité collective », mais le fondement de sa légitimité, l'aspect le plus évident de sa rhétorique publique.

Pour terminer, la sécurité collective est un concept mais aussi une institution, une charte, celle des Nations Unies, résultant d'un traité entre États, disciplinant le recours à « légitime défense » et concernant essentiellement les États.

Globalisant les problèmes de sécurité internationale, la « sécurité collective » se situe entre l'acteur et le système et a connue ainsi les mutations historiques de cette relation, allant de l'équilibre de puissance aux « régimes internationaux » et du recours individuel à la force armée à la mixité fondamentale de l'architecture onusienne, qui juxtapose la multipolarité décisionnelle du « Conseil de Sécurité » au multilatéralisme de l'Assemblée Générale.

Deux conclusions provisoires sont à tirer de cette approche quant à l'analyse du rôle pivot des Nations Unies :

  • La première concerne la source de la légitimité de toute actio n entreprise au nom des Nations Unies. Elle repose sur les membres permanents du Conseil de Sécurité dont dépend égale ment le critère d'efficacité de l'institution. La traduction de ces deux concepts c'est le « droit de veto » pouvant paralyser le système dans son ensemble. Dans le cas d'un exercice de ce droit le système de la sécurité collective s'affaiblit et régresse, soit vers le système des alliances traditionnelles comme au temps de la bipolarité ;
  • vers la primauté de la sécurité individuelle au nom des impératifs de la sécurité nationale et d'une initiative unilatérale.

 Ainsi l'ambiguïté fondamentale et la tension permanente entre les deux instances de l'ONU reflète :

  • d'une part les efforts d'institutionnalisation de la sécurité collective comportant un monopole centralisé de la force légitime qui justifie une structure d'autorité verticale et intégrée
  • de l'autre, le renforcement du « contrat social » de la « société internationale » ou société des États.

Alors l'architecture de ce système se déploie sur le plan horizontal puisqu'elle est fondée sur l'égalité formelle des États qui constituent les éléments intégrants du système de la sécurité collective.

Puisque l'efficacité du système est tributaire d'une « entente active et positive » entre ses membres

permanents, l'émergence « souhaitable » d'un nouvel ordre mondial dépend cette «entente idéale». En effet, en cas de blocage, les formes unilatérales d'usage individuel de la force sont de retour.

Dans ces cas nous assistons pour les justifier:

  • soit à des interprétations d'anciennes résolutions du Conseil de Sécurité ;
  • soit à la recherche d'une légitimité auprès de l'Assemblée Générale de la part de la puissance interventionniste qui, en cas de blocage du Conseil, a le droit de faire des recommandations appropriées ou des déclarations de principe, définissant les conditions détaillées dans lesquelles le recours à la force peut être exercé.

Dans ces conditions la fonction du droit et celle même des résolutions du Conseil de Sécurité donnent libre recours à un débat institutionnel, dont le fond repose moins sur le droit public international et sur son efficacité, que sur la structure de la société internationale qui est par sa nature anarchique et de ce fait fragmentée et soumise à la loi du plus fort ?

Ainsi, pour que le droit d'une instance universelle de sécurité collective puisse s'appliquer, le droit international doit reposer sur une cohésion idéologique forte et sur des rapports de force conjoncturels, politiques et militaires qui lui soient acquis, aussi bien dans la phase de son élaboration que dans celle de son application.

SÉCURITE COLLECTIVE ET ALLIANCES MILITAIRES

Il est convenu de considérer que l'alliance militaire représente la forme embryonnaire de la sécurité collective. L'alliance en serait, dans ce cadre, l'élément fondamental sur lequel repose l'équilibre de puissance(« la Balance of Power ») .

Or, sur la base de ce même raisonnement l'alliance par sa nature « exclusive » appellerait à une contre- alliance, poussant, selon l'école réaliste, à des formes de bipolarisations de l'ordre international et, in fine, à des risques d'escalades ayant des effets déstabilisants sur la sécurité internationale.

D'autres approches « intégrationnistes » mettent en valeur la « fonction influente de l'alliance », autrement dit, la force d'intégration entre alliés. Aux intérêts communs, exprimés en terme de couts et de bénéfices, s'ajouteraient les affinités idéologiques et culturelles et le partage des valeurs qui donnent aux membres le sentiment d'appartenance à une « Communauté de Sens ».

C'est à la lumière de cette considération qu'est clarifié également le concept d'intégration, un concept qui se fonde et qui progresse sur la base du « sens de la communauté ».

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