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Working Paper - REVUE EURASIA n°3

Auteur: 
Еmbassy of Kazakhstan to Belgium Brussels
Date de publication: 
21/3/2012

 

PRESENTATION

L'IERI édite également la revue « Eurasia». Cette revue représente un outil de débat et de dialogue entre l'Europe, le Caucase, l'Asie Centrale et l'Extrême-Orient. Elle est à caractère interdisciplinaire et porte sur l'analyse des sociétés, des systèmes politiques, des aires culturelles et civilisationnelles.

SOMMAIRE

L'EUROPE, L'ASIE CENTRALE ET LA MULTIPOLARITE (Dans le cadre du Symposium.. organisé en partenariat avec..par de la Conférence « Effective Public Administration »

TABLE RONDE organisée par l'Institut Européen des Relations Internationales en partenariat avec l'Ambassade de l'Ouzbékistan

INFORMATIONS GÉNÉRALES:

“THE ORGANISATION OF ISLAMIC COOPERATION AND NEW CHALLENGES OF OUR Mardi 10 Janvier 2012 18h00-20h00TIME”

by the Еmbassy of Kazakhstan to Belgium Brussels

By the Еmbassy of Uzbekistan to Belgium Brussels

Lettre adressée au Secrétaire Général des Nations Unies par le Représentant Permanent du Tadjikistan auprès de l’Organisatio

By the Embassy of Tadjikistan to Belgium Brussels

 

Mardi 10 Janvier 2012 18h00-20h00

Dans le cadre du symposium « Effective Public Administration »

L'EUROPE, L'ASIE CENTRALE ET LA MULTIPOLARITE

Mardi 10 Janvier 2012 18h00-20h00

L'Europe, péninsule de l'Asie, est constituée par la pluralité de nations qui ont façonné l'histoire du continent et dont une partie seulement sont intégrées dans l'UE.

En termes strictement institutionnels, l'Union européenne, identifiée à l'Europe est une association d'États, unis par un héritage commun et par une série de traités qui en font une organisation « sui generis », ni fédération, ni confédération, ni organisation internationale classique. Elle est dotée depuis le Traité de Lisbonne de la personnalité juridique (art.47) qui l'autorise à signer des traités et à adhérer à des conventions. Elle regroupe 27 États1 et représente l'aboutissement d'un double processus, idéel et politico-institutionnel. Cette Union n'est pas un État unitaire ni un super État et elle est régie par le jeu croisé de stratégies communes et de politiques nationales. 2

Le fonctionnement de l'Union associe en effet la méthode de l'intégration à la méthode intergouvernementale et résulte d'une dualité institutionnelle, celle de la communauté et celle du système des États-membres. Pour les aspects sécuritaires et de défense (PESC et PESD), le système d'intégration des forces s'appuie sur l'OTAN, alliance défensive à caractère global. Cette superposition d'institutions et de compétences ne doit pas tromper l'analyste, historien ou politologue, sur la nature effective du pouvoir, qui demeure encore et pour l'essentiel aux mains des États, censés agir au niveau de l'interdépendance économique et du système des échanges, désormais mondialisés, par leur participation au système de gouvernance mondiale.

Cette dualité des systèmes de décision au partage de compétences inégales et multiples, autorise à parler d'un pouvoir « soft » à propos de l'Union.

LES « LIMITES » GEOPOLITIQUES ET STRATEGIQUES DE L’UNION EUROPEENNE

Les « limites » géographiques et institutionnelles de l’Europe ont une implication directe et indirecte sur la politique étrangère et de sécurité et sur les relations extérieures de l’Union européenne. Elles sont de plusieurs ordres et peuvent être regroupées autour de différentes catégories d’objets.

Parmi les plus significatifs, ceux qui touchent :

  • à la stabilité et à la sécurité internationale ;

  • au système économique mondial ;

  • à la philosophie politique de l’Union et à la dialectique des antagonismes mondiaux

Appartiennent à la première catégorie les grandes doctrines que nous appelons « géopolitique » et « stratégie ». Elles précisent les champs clés de l’action internationale des États et déterminent la place de l’Europe dans le monde, forgeant l’identité et la personnalité du continent et, plus concrètement, sa géographie et son histoire.

L'ELARGISSEMENT DE L'UNION EUROPEENNE

L'élargissement de l'UE désigne le processus d'extension géographique et l'adaptation institutionnelle à la conjoncture du continent et à celle du système international. Ce processus a comporté jusqu'ici six vagues successives depuis la création de la Communauté Économique Européenne en 19573 et ses étapes ont exigé, à chaque fois, un approfondissement des institutions et des modifications dans les équilibres institutionnels, afin d'éviter l'affaiblissement de la construction déjà acquise et de réaliser le renforcement des capacités d'intégration de l'ensemble.

Ainsi l'élargissement de l'Union Européenne reflète d'une part l'évolution de la scène internationale et de l'autre la préfiguration d'une nouvelle forme de polarité mondiale.

A partir de 1989, la prise en charge d'une série de défis politiques consécutifs à l'effondrement du système de l'Est qui ont concerné une réforme institutionnelle et budgétaire, une cohésion économique et sociale renforcée et une adaptation de la vision du monde, incluant une évaluation de la « Balance of Power », réservée jusqu'ici aux seuls États-Membres.

Deux approches intellectuelles, liées à la politique d'élargissement se conjuguent ainsi dans la phase actuelle du processus d'intégration : la culture de la « Balance of Power » et la culture de la mondialisation, ou de la « gouvernance multilatérale ». La première est fondée sur l'équilibre de puissance et la morphologie du système international; la deuxième sur le marché global (et la théorie de l'interdépendance).

En ce qui concerne l'extension géographique de l'Union Européenne, la seule limite traditionnellement retenue, est celle de la délimitation du XVIII ème siècle par la géopolitique russe, concernant les Ourales, le Caucase (ou la Caspienne), la Méditerranée, l'Atlantique et l'Arctique.

POLITIQUE EUROPEENNE DE VOISINAGE (PEV)

Au delà de la politique d'élargissement et de son extension territoriale, l'Union Européenne a constamment visé à améliorer les relations avec les pays de voisinage, dans les trois dimensions de la sécurité, de la stabilité et de la prospérité.

Cette politique concerne quatre zones :

  • l'Europe de l'Est (Russie, Biélorussie, Ukraine et Moldavie),

  • le Caucase (Géorgie, Arménie, Azerbaïdjan),

  • la Méditerranée (avec la création d'une Union Pour la Méditerranée (l'UPM), regroupant l'Algérie, l'Egypte, Israël, la Jordanie, le Liban, le Maroc, la Palestine, la Syrie et la Libye) aujourd'hui en panne,

  • les Balkans Occidentaux (Bosnie-Herzégovine, Albanie, Kosovo, Serbie, Macédoine, Monténégro).

PARTENARIAT ORIENTAL

Le « Partenariat Oriental »4 vient compléter la politique étrangère de l'Union Européenne à l'égard de l'Est et du Caucase du Sud.

Il s'agit là d'une dimension orientale spécifique de la politique européenne de voisinage (PEV), qui concerne l'Arménie, l'Azerbaïdjan, la Biélorussie, la Géorgie, la Moldavie et l'Ukraine.

Le « Partenariat Oriental » approfondit sous forme bilatérale (UE versus PPO) les relations avec la Biélorussie, l'Ukraine, la Moldavie, l'Arménie, la Géorgie et l'Azerbaïdjan, dans un cadre de coopération plus vaste et original, qui est de nature multilatérale.

VERS UNE OSTPOLITIK MONDIALE DE L’UE – UNE VUE PROSPECTIVE

Dans de cette progression ininterrompue vers le coeur de l'Eurasie une Ostpolitik mondiale de l’UE en direction de l’Asie Centrale se révèle indispensable. Cette région est devenue une partie intégrante de l’équation stratégique, qui va de l’Axe Baltique à la Mer Noire, du Golfe Persique au Caucase du Sud et de la Mer Caspienne à l’Asie Orientale.

Projeter la sécurité et la stabilité dans la région de l’Asie Centrale, après la réalisation du grand élargissement à l’Est, devient l' étape d’un processus, dont les objectifs sont multiples :

  • redéployer la stratégie générale de l’Europe vers l’Asie, le Moyen Orient et le Golfe Persique,

  • différencier les sources énergétiques,

  • définir un Agenda de réformes et de résolution des conflits avec les pays de la région,

  • arrimer ces pays à l’Ouest et renforcer l’Alliance Atlantique et les relations euro-américaines, en favorisant le redéployement occidental en Afghanistan.

C’est un nouveau grand défi qui se dessine pour la décade prochaine. Or, ce défi implique une coopération bilatérale et multilatérale, élargie à d’autres partenaires ou groupe de partenaires. La double présence des USA en Iraq et de l’OTAN en Afghanistan, laisse les mains libres à la Russie, dans le but de poursuivre son retour dans la région, en essayant d’y occuper la place centrale qui était la sienne dans les deux derniers siècles.

Le paradigme géopolitique dominant du XXIème siècle sera l’Eurasie.

Le centre des préoccupations eurasiennes et la clé des nouveaux paradigmes géopolitiques de l’Union européenne, reposent sur le pari de replacer l’Europe au cœur de l’histoire et de faire de la stratégie eurasienne le laboratoire d'une volonté géopolitique commune, équivalente à celle des États-Unis.

Trois enjeux apparaissent immédiatement de cette nouvelle orientation de la Realpolitik

européenne :

  • la géopolitique des ressources;

  • l’affirmation de l’Asie;

  • l’extension de la zone d’influence potentielle de la Chine.

Si la bipolarité avait enfermé l’Europe dans la partie occidentale du continent, la nouvelle phase de l’Histoire restitue à l’Europe à son passé et à sa diversité lointaine. L’élargissement de l’UE et ses perspectives lui permettent de prendre à revers les puissances terrestres euro-asiatiques par l’étendue de la projection des forces que justifie sa puissance navale et péninsulaire. Cette projection est rendue possible par l’accès aux zones côtières de la Mer Noire et de la Caspienne, et à celle du Golfe, à l’Océan Indien et à l’Asie du Sud. C’est une donnée que sous-tendent la théorie et la stratégie navales contemporaines, appuyées sur l’anneau des bases périphériques et insulaires allant du Japon à Taïwan, puis à l’Indonésie.

L'EUROPE MODERNE

L'Europe hésite aujourd'hui entre un retour à la logique des nations ou une politisation du processus d'intégration. En réalité, en Europe et dans le monde, nous assistons à la bifurcation de deux approches institutionnelles : la gouvernance globale et la balance of power.

En Europe, l'option de fond est entre :

  • une gouvernance restreinte de la zone euro et donc une Europe plus renforcée, ou

  • une Europe bismarckienne élargie à la Fédération de Russie et un jeu international totalement redessiné dans une conjoncture générale au mutlipolarisme ouvert.

En revenant à l'Histoire du Continent européen, petite péninsule de l'Asie, l'Europe a representé pendant les derniers cinq siècles le laboratoire fondamental du monde moderne, la Reinassance, les Lumières historiques, la Grande Révolution, l'idée de modernité, le concept de développement, l'optimisme de progrès de l'esprit humain, puis encore l'Hégémonie mondiale, la Tyranie, et pour terminer la constitution et la liberté de l'homme. L'Europe a conçu et proposé aux nations du monde, l'Etat de droit et le système de garanties civiques qui charpentent la « Déclaration Universelle» voté aux Nations Unies en 1948.

Ex contrario l'Europe a symbolisé pendant ces cinq siècles, d'Empire universel et l'usage impitoyable de la force et de la violence armée, puis l'Univers des sciences et des techniques.

Pour les théoriciens et les apôtres du racisme l'Europe a été élue comme siège privilégié de la « race supérieure » vis à vis d'autres « races jugées inférieures » et dignes exclusivement de soumission, d'obéissance de colonie et d'extermination. En termes éthiques et juridiques et à partir de 1945 le souci de la paix pour un continent qui avait connu deux grandes guerres mondiales, a été de donner naissance à trois courants de pensée, le pacifisme, l'utopisme légaliste et l'idéologisation de la démocratie.

Pour terminer l'Europe s'est accaparée la notion d'Histoire, de telle sorte que les philosophes et les savants, suivis par les hommes politiques, par les artisans du changement et les révolutionnaires du XX siècle, ont parlé de la modernité occidentale comme vent de l'Histoire dont la mondialisation serait la dernière étape, celle de la post-modernité. En effet, elle ne serait que le retour du vent qui a soufflée de l'Ouest vers l'Est, de l'Europe vers l'Asie, dans la direction opposée à l'Histoire du monde, qui a voyagé selon Hegel, de l'Orient vers l'Occident à l'aube de l'Histoire de l'Humanité.

L'Europe a élaboré enfin tous les concepts clé de la vie internationale : la souveraineté, l'Etat-nation, l'équilibre des forces, l'empire universel et la jealous emulation. Mais elle demeure le seul ensemble du monde à ne pas avoir connu de structure politique unifiée.

Ça sera l'affaire européenne majeure du siècle montant et qui influencera en profondeur l'état du monde, la distribution de la puissance et le destin de l'Occident.

Or l'Europe, identifiée pendant longtemps à l'Occident a été le berceau d'un autre Occident plus jeune et vigoureux, l'Occident Américain qui a pris la relève de l'Occident Européen au courant des deux guerres mondiales, car celles-ci ont représenté la fin de l'Europe conquérante et l'émergence du monde occidental opposé à la division du continent et au monde soviétique.



ASIE CENTRALE ET OSTPOLITIK EURASIENNE

Si la sécurité régionale est une composante capitale de l’équation de sécurité globale, le défi de stabilité en Asie Centrale est, pour l'Europe, de maintenir et de développer le pluralisme géopolitique et pas seulement démocratique et de faire en sorte qu'aucune puissance ne puisse contrôler, ni dominer d'une manière exclusive, le Hearthland, le pivot géographique de l'Histoire.

Ainsi une Ostpolitik mondiale de l'UE en Asie Centrale a pour fonction majeure de faire de l'Union la garante de l'indépendance de ces pays. Le but est « d'interdire à une coalition des pivots des terres » de souder les puissances continentales en fonction anti-occidentale, en la détournant d'une politique de pivot ». Elle a également pour fonction d'interdire à l'empire du milieu de remplacer la Russie en Sibérie Orientale par une pression démographique irrésistible, car le pays du Chung Kuo pourrait ajouter une façade océanique au potentiel de ressources de l'intérieur du continent en menaçant la liberté du monde.

Face à cette situation et à moyen terme la tâche principale des puissances européennes majeures de la planète consiste à assurer :

  • la gestion des crises ouvertes et leurs issues en Afghanistan et au Pakistan ;

  • le contenu économique, géopolitique et stratégique à donner au « containment » de la Chine ;

  • l'opposition collective à un « condominium global » entre la Chine et les USA, jugé innaturel et asymétrique.

Bien que la résolution de ces trois coordonnées dépende en large partie des stratégies américaines et de ses triangulations asiatiques, la réorganisation de l'ordre mondial ne peut avoir comme base une optique bipolaire. L'avenir des relations euro-américaines est décisif pour la projection des relations atlantiques en Asie et dans la Zone Pacifique. L'assurance d'une issue de crise en Afghanistan et Pakistan demeure, cependant, la priorité numéro un de l'Occident.

 

La maîtrise de cette aire implique une nouvelle redéfinition des objectifs de l’Union et une identification des menaces et des sources mondiales d’instabilité. Il s’agit, dans le cas de l'Asie Centrale d'un espace soumis au terrorisme islamique et à des pressions extérieures multiformes venant du sud, du nord et de l’ouest, et qui demeure soumis aux poussées des acteurs majeurs du système international.

La politique de l'UE en direction de l'Asie Centrale met à l'ordre du jour un nouveau grand défi qui implique une coopération bilatérale et multilatérale, élargie à d’autres partenaires ou groupe de partenaires car le paradigme géopolitique dominant du XXIème siècle sera l’Eurasie.

Ce nouveau paradigme détermine déjà la politique étrangère, de sécurité et de défense des puissances majeures de la planète, les États-Unis, la Russie et la Chine et dicte également la conduite des puissances régionales moyennes comme la Turquie et l’Iran.



DE l'OSCE A l'OTCS. LE RAPPROCHEMENT DE L'EUROPE ET DE L'OTAN
A L'ASIE CENTRALE

Le rapprochement de l'OTAN à l'Asie Centrale implique-t-il un rapprochement entre la Russie et l'OTAN ou encore entre la Russie et l'Europe, sous espèce d'une Ostpolitik mondiale de l'UE ? En Asie Centrale se dessine une « alliance contre-nature » ou une « alliance de repli » entre la Fédération russe et la puissance démographique et politique montante du XXIème siècle, la puissance du Chung-Kuô.

Bien cerner la réalité de l'Asie Centrale se révèle indispensable pour l'Europe afin d'y exercer une « responsabilité collective » dans la résolution du conflit afghan, et cela par une forme de « containment » régional permettant une sortie de crise, doublée d'une surveillance collective aux frontières les plus critiques, et d'une lutte à distance sans implication directe. Dans cette hypothèse, la projection de l'OTAN sur l'Asie Centrale représenterait une manière efficace de détourner la contiguïté territoriale de la Chine avec le Turkménistan et de rapprocher la Russie de l'Alliance Atlantique. Ainsi une défense crédible de l'Europe en Asie Centrale, lui assurant un approvisionnement énergétique sécurisé devrait opérer la jonction entre zone euro-occidentale de l'Alliance et l'Organisation de Sécurité Collective (OTSC) regroupant autour du noyau russe, ses anciennes marches occidentales et orientales, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizstan, le Tadjikistan, l'Arménie et l'Ouzbekistan.

Cette réorientation de l'OTAN vis-à-vis de la Russie permettrait la présence politique de l'Europe sur « le pivot des Terres », sur le tiers duquel s'exerce déjà le contrôle de la Chine.

Cependant, une autre stratégie, et donc un nouveau « grand jeu », se dessine entre les Etats-Unis et la Chine, en mer de Chine méridionale. En effet, le désengagement des USA de l'Irak et du Pakistan permettra un réengagement américain en Asie-Pacifique dans le but d'en faire une priorité géopolitique pour le XXIe siècle.

Cet engagement est double :

  • d'une part, il se précise comme projet de partenariat transpacifique (TTP) liant valeurs et intérêts américains, réunissant dix pays de cette zone pour créer une grande aire de libre-échange,

  • de l'autre, il se concrétise comme un renforcement du dispositif militaire et comme un élargissement des alliances militaires (ANZUS) défiant les ambitions régionales de la Chine et prenant partie dans le cadre des disputes territoriales entre Beijing et quatre pays de l'ASEAN (Vietnam,; Philippines, Malaisie, Brunei, et Taïwan) à propos des îles Parcels et Spratley,

Ces tensions ravivent la rivalité sino-américaine en Asie et provoquent une escalade diplomatique qui rappelle la mise en place d'une sorte de « guerre froide » à caractère bipolaire sur fond de lutte d'influence et de rivalité de puissance, Cette stratégie n'est pas sans rappeler la vieille doctrine de « containement ».

En réalité, la présence américaine en Asie est jugée cruciale pour le maintient de la stabilité régionale, car aucun pays en Asie ne veut vivre dans une région dominée par la Chine. La modernisation militaire de l'APL, dont le but stratégique est l'objet d'interrogations multiples, fait de la région Asie-Pacifique, plus encore de l'Asie Centrale, une zone où les risques de confrontations ne sont pas à exclure.

Dans ce contexte, les Etats-Unis ont réaffirmé l'engagement de leurs pays aux côtés de certains pays de l'ASEAN et surtout de l'ANZUS (USA, Australie, Nouvelle-Zélande conclu en 1951), inquiets de l'influence grandissante de la Chine dans la région Asie-Pacifique et apportant une réponse au « dilemme chin ois » de l'Australie, dont le défi consiste à concilier un ancrage économique de plus en plus oriental avec une diplomatie et une posture militaires occidentales,



LE SYSTEME MULTIPOLAIRE
UN « CONCERT MONDIAL DES NATIONS » OU UNE « GOUVERNANCE GLOBALE RENFORCEE »?

La caractéristique fondamentale du système multipolaire n'est pas de disposer d'une « gouvernance globale renforcée » complétant le système des États-Nations par des institutions multilatérales, anciennes (Banque Mondiale, FMI) ou nouvelles (G8 ou G20)5, dans le but de favoriser leur intégration dans un jeu coopératif mondial, mais d'identifier les intérêts essentiels et vitaux des acteurs principaux et des surpuissances globales, dont les objectifs sont virtuellement conflictuels et consistent à éviter qu'aucun ne domine les autres de manière exclusive ou ne représente un modèle, un rêve ou une cause universelle. Le but n'est pas de cerner des équilibres régionaux durables, se suffisant à eux-mêmes sur la base de règles de droit communes, ou s'appuyant sur des fondements politiques comparables au système européen classique du XIXe ou du XXe siècle mais de prévoir les failles et les ruptures à venir, sous la surface fissurée de la stabilité apparente, afin qu'elle ne profitent pas aux adversaires ou aux rivaux. L'ouverture de la crise économique en 2008 met en exergue un retour aux principes de l'après-guerre froide, autrement dit, l'exigence d'un autre rapport de pouvoir en Europe et dans le monde. En Europe, au sein de l'Union européenne, par la recherche d'un autre équilibre de puissances entre la France et l'Allemagne et entre l'Europe et la Russie à l'ouest et dans le monde par une nouvelle relation de sécurité euro-atlantique de Vladivostok à Vancouver vis-à-vis de l'hémisphère Sud, en y incluant la Turquie, l'Iran, l'Inde, le Brésil mais également l'aire d'influence de la puissance chinoise émergente. Et cela, avec l'objectif de favoriser un jeu coopératif à caractère multilatéral, ayant pour objectif la stabilité et la paix, sans oublier le poids, à peine voilé, du système multipolaire sous-jacent. En effet, les enjeux internationaux au sein des réseaux croisés et multilatéraux voilent la fonction directrice de l'unipolarisme et la centralité des USA d'une part et le bipolarisme dissimulé du condominium USA-Chine d'autre part.

Ainsi, la toile du système superposera plusieurs niveaux de pouvoir :

  • celui de la gouvernance globale et multilatérale des sociétés monde qui est la sphère de la production de l'échange et de la finance;

  • celui de la multipolarité de la sphère inter-étatique des pôles de puissances majeures, des rivalités et des antagonismes historiques virtuellement conflictuels;

  • celui d'un condominium « stratégique » ou « hard » à caractère asymétrique Chine-USA, un bipolarisme global dissimulé qui voile la fonction directrice et centrale des USA, à vocation unipolariste;

  • trois grandes zones d'influence soft aux réceptivités et degrés d'intégration différents, inspirées par trois aires de civilisation, celles des sociétés civiles, des esapces sub-étatiques et transnationaux des idées, des antagonismes idéologiques et religieux, de la communication des tensions idéales, philosophiques et utopiques, constituées par l'Europe, les États-Unis et l'Empire du Milieu.

Ces quatre niveaux préfigurent les espaces géopolitiques et sous-historiques des « frères ennemis » du XXIème siècle. La sphère de l'économie et de la finance, apparemment indéterminée, est dépendante de la sphère politique et celle-ci de la sphère culturelle. En effet, il ne peut y avoir de politique totalement étrangère aux grands déterminismes géopolitique et donc aux grandes conceptions du monde et aux dimensions majeures de la conscience historique.

MULTIPOLARITE ET OPPOSITION DE MONDES. A LA RECHERCHE D'UN NOUVEAU CENTRE DE GRAVITE PLANETAIRE

La multipolarité n'est plus l'opposition entre deux conceptions de la démocratie occidentale, libérale ou socialiste, mais la relativisation historique de cette opposition, c'est la remise en question des contenus éthico-politiques de la démocratie et des droits humains.

La multipolarité est bien plus et bien autre qu'un débat entre les formules politiques et les régimes au pouvoir, ou entre les formes historiques de la liberté ou de l'égalité. C'est une confrontation, pour l'heure non-violente, entre formes d'États aux légitimités discordantes et entre sociétés et civilisations hétérogènes.

Bruxelles-Astana

25 Novembre 2011

 

 
THE ORGANISATION OF ISLAMIC COOPERATION AND NEW CHALLENGES OF OUR TIME

By the Еmbassy of Kazakhstan to Belgium

Brussels 18.11.2011

The Organization of Islamic Cooperation (OIC) is the only regional union designed to represent the universal interests of the Muslim world in the international arena.

Pockets of major world conflicts are located within the OIC space. There are acute problems related to the spread of terrorism, separatism, and extremism. A range of socioeconomic and environmental issues present in 37 of the OIC Member States makes them dependent on external economic assistance.

The OIC's attention remains focused on the settlement of the Arab-Israeli conflict, the solution of protracted conflicts, combating terrorism and extremism, nonproliferation of WMDs, and the protection of human rights. At present, the Organization is acting on programs aimed at providing economic assistance to Africa, supporting small and medium businesses, agricultural development, tourism, and the transportation sector. The Organization's activities are outlined in the OIC 10-Year Plan of Action (2005, Mecca).

Having hosted the 38th Session of the Council of Foreign Ministers of the Organization of Islamic Cooperation on 28-30 June this year, Kazakhstan proceeded to the Chairmanship in the second largest Organization after the UN, and the key association of the Islamic states.

Kazakhstan's Chairmanship of the Organization comes at a crucial time in the modern history of the Muslim world. 2011 marks the beginning of a radical political and socioeconomic transformation in the Middle East and North Africa. The “Arab Revolution” may lead to change in the geopolitical and geo-economic configuration of the Islamic world.

The motto of our Chairmanship in the OIC is “Peace, Cooperation and Development”. This is the direction our country is going to lead the organization, demonstrating the Islamic world the Kazakhstan way as a good example for the Muslim States development.

The Astana meeting became the most important political event of the year in the Muslim community in connection with the transfer of the XII Summit of the OIC (for 2012 in Egypt).

In this regard, it was noted that the 38th OIC CFM entered into the history of the Organization as the most dramatic in the context of the current international situation, informative on coverage of the issues addressed and effective in terms of decision-making.

The historic decision to rename the Organization of the Islamic Conference into the Organization of Islamic Cooperation was taken in Astana that testified its transformation into a more cohesive and effective international coalition.

The important issue as the establishment of the OIC Standing Committee on Human Rights with the adoption of the Charter and the criteria of its activities was addressed. According to experts, this is a very significant event in the context of rebranding the OIC, as well as strengthening the institutional foundations of civil society in the Muslim countries.

The agreement to increase the intensity of the meetings at the level of the OIC Heads of States, holding the summits every two years instead of the three years period was achieved.

The OIC Astana Declaration in its content has become the most progressive document of the OIC proclaiming modernization and reforms as the basis for development of the Muslim Ummah in the 21st century.

In light of dramatic events in the Arab East countries, Kazakhstan proposed an idea on the need for socio-economic and political modernization of the Islamic community to escape from the ongoing crisis.

We also emphasized the need to advance the principles of good governance and the rule of law in the Muslim Ummah as the cornerstones of sustainable development in a globalizing world.

It should also be noted that Kazakhstan took into account the approaches and interests of our Western partners when preparing the document.

As the Chairmanship of the OIC CFM, Kazakhstan intends to focus on raising authority of the OIC in the world.

There are important issues among Kazakh’s priorities on the international agenda such as assistance in resolving the situation in the North Africa and the Middle East, aid to Afghanistan, combating islamophobia, overcoming the humanitarian crisis in Somalia, and development of intercultural, interreligious and intercivilization dialogue.

Currently, Astana strives to enhance the role of the OIC in ensuring peace, security, conflict prevention and resolution in the Islamic world, strengthening and finding the new forms of interaction between the OIC, the UN, the EU, the ​​OSCE and the other international and regional organizations.

In this regard, within the UN General Assembly on 23 September in New York, Kazakhstan held a regular annual Coordination Meeting of Ministers of the Foreign Affairs of the OIC Member States, which worked out a common position of the Ummah related to the key issues on the agenda, and the OIC-EU Meeting, which discussed the situation in Libya, Syria and the Peace Process in the Middle East on priority basis.

 

TABLE RONDE  
organisée par
l'Institut Européen des Relations Internationales
en partenariat
avec l'Ambassade de l'Ouzbékistan

Mercredi 30 Novembre 2011

de 11h00 à 13h00
Mission de la République d'Ouzbékistan
Av. F.D. Roosevelt, 99, 1050 Bruxelles

sur le thème

GESTION DE L'ÉCOSYSTÈME

 ET STABILITÉ POLITIQUE EN ASIE CENTRALE 

 Analyse de l'utilisation des fleuves transfrontaliers,

des projets de grands barrages, de la différentiation des cultures

et des facteurs sismographiques. 

 

Participants

 

Irnerio SEMINATORE
Président l'Institut Européen des Relations Internationales
Directeur de l'Academia Diplomatica Europaea

Pierre-Emmanuel THOMANN

Directeur de recherches en géopolitique

Institut Européen des Relations Internationales

 

Bory ALIKHANOV

Vice-speaker

Legislative Chamber Majlis (Parliament)

Chairman, Committee on Ecological Issues and Environmental Protection of the Legislative Chamber

 

Avaz KHUDAYBERDIYEV

Leader of group

Ecological movement of Uzbekistan

 

 

Nations Unies A /65/863

Assemblée générale Distr. générale

15 juin 2011

Français

Original : russe

 

Lettre datée du 6 juin 2011, adressée au Secrétaire

général par le Représentant permanent du Tadjikistan

auprès de l’Organisation des Nations Unies

 

J’ai l’honneur d’appeler votre attention sur le document A/65/842 intitulé « Les ressources en eau sont le fondement du développement durable et du progrès » que la délégation ouzbèke a fait distribuer à l’Organisation des Nations Unies. Ce document examine sans objectivité des questions dans le domaine de l’utilisation des ressources en eau et du développement de l’énergie hydroélectrique dans le bassin de la mer d’Aral, d’une manière qui reflète une idée préconçue de l’issue de la conférence intitulée « Vers le sixième Forum mondial de l’eau : une action commune en faveur de la sécurité de l’approvisionnement en eau » qui a eu lieu à Tachkent, les 12 et 13 mai 2011. À ce sujet, je voudrais appeler votre attention sur les observations de la partie tadjike à l’égard du document susmentionné. Je vous serais obligé de bien vouloir faire distribuer le texte de la présente lettre et de son annexe comme document de l’Assemblée générale, au titre du point 20 de l’ordre du jour.

 

Le Représentant permanent du Tadjikistan auprès de l’Organisation des Nations Unies

(Signé ) Sirodjidin Aslov

A/65/863

2 11-37579

 

Annexe à la lettre datée du 6 juin 2011 adressée au Secrétaire général par le Représentant permanent du Tadjikistan auprès de l’Organisation des Nations Unies Observations concernant la lettre du 16 mai 2011

du Représentant permanent de l’Ouzbékistan auprès de l’Organisation des Nations Unies, intitulée : « Les ressources en eau sont le fondement du développement durable et du progrès »

 

Il est difficile de surestimer l’importance de l’eau pour le développement, la paix, la stabilité et la viabilité écologique. Au cours des décennies passées, étant donné l’évolution de l’économie mondiale et l’augmentation de la population de la planète, le problème de l’eau est devenu de plus en plus aigu, et les changements climatiques mondiaux qui vont encore réduire les ressources en eau multiplient par deux ce problème. Pour cette raison, et eu égard aussi à l’importance générale de cette ressource d’importance stratégique et à la sensibilisation accrue aux problèmes qui en découlent, la communauté internationale accorde aujourd’hui une attention particulière à la solution de ce problème. Dans ce processus, il est incontestablement essentiel de promouvoir et de renforcer une coopération équilibrée et mutuellement avantageuse. C’est en se fondant sur ce principe que le Tadjikistan a parrainé les résolutions 55/196, 58/217 et 65/154 de l’Assemblée générale, intitulées respectivement « Année internationale de l’eau douce, 2003 », « Décennie internationale d’action : l’eau, source de vie (2005-2015) » et « Année internationale de la coopération dans le domaine de l’eau (2013) », qui ont été adoptées par consensus.

 

Comme on le sait, il existe dans le monde plus de 260 cours d’eau qui chevauchent les frontières de deux ou plusieurs États. Ils couvrent 45 % des terres émergées sur lesquelles vivent plus de 40 % de la population mondiale. Les bassins des fleuves internationaux sont partagés entre 145 pays, dont la population dépend en grande partie des dépenses consacrées à l’eau. L’absence de coopération appropriée entraîne des risques graves et des dépenses importantes. En l’absence de coopération, de nombreux problèmes restent sans solution et peuvent parfois s’aggraver. En fin de compte, tous ces facteurs ont une influence négative sur la situation économique et sociale de tous les pays qui partagent des bassins fluviaux. La paix, la stabilité et le développement de nombreux États qui partagent des ressources en eau dépendent presque entièrement de la nature des relations intergouvernementales de ces États. Dans de nombreuses régions, le renforcement de la coopération transfrontalière dans le domaine de l’eau concoure à renforcer les processus d’intégration qui sont le facteur essentiel d’un développement harmonieux.

     

L’Asie centrale ne fait pas exception. Les pays de la région partagent les eaux de deux grands fleuves – l’Amou-Daria et le Syr-Daria – ainsi que de quelques petites rivières transfrontalières. Il va sans dire qu’en l’absence de coopération appropriée en matière de gestion et d’utilisation, il est impossible d’accomplir de quelconques progrès. Cela d’autant plus qu’une part importante des eaux de la région trouve son origine sur le territoire de certains pays, tandis que leur utilisation maximale a lieu dans d’autres pays. Les fondements de la coopération régionale dans le domaine de la gestion et de l’utilisation des ressources en eau ont été établis dès l’indépendance des pays de la région. Le premier acte juridique fondamental de la région a été signé le 18 février 1992 à Almaty, à savoir l’accord entre le Kazakhstan, le Kirghizistan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Turkménistan sur la coopération dans le domaine de la gestion, de l’utilisation et de la préservation en commun des ressources en eau d’origine internationale. Sur la base de cet accord, la Commission intergouvernementale de coordination des ressources en eau s’occupe de la répartition de ces ressources entre les pays de la région. Peu après, en 1993, tous les chefs d’État de la région ont uni leurs efforts pour créer le Fonds international de sauvegarde de la mer d’Aral qui est appelé à résoudre des problèmes complexes dans l’économie hydrologique de ce bassin.

 

Il est bien connu que durant la seconde moitié du XXe siècle, la région de l’Asie centrale s’est heurtée à une grande crise écologique – l’assèchement de la mer d’Aral. La mise en valeur de grande ampleur de nouvelles terres arables, dont la superficie est passée relativement vite de 4 à plus de 8 millions d’hectares, a doublé la dérivation des eaux de l’Amou-Daria et du Syr-Daria. Il en est résulté une forte diminution de l’écoulement dans la mer d’Aral, laquelle a aujourd’hui perdu plus de 90 % de son volume et 80 % de sa superficie.

 

La surface d’irrigation a augmenté d’une manière générale dans les pays d’aval dont les plaines favorisent le développement de l’agriculture irriguée. Plus de la moitié de ces terres irrigables du bassin de la mer d’Aral se trouve en Ouzbékistan, auquel revient donc la part du lion dans l’exploitation des ressources hydrologiques de la région (environ 60 %).

 

6. Dès la période soviétique, une limite des eaux a été fixée pour sauvegarder la

mer dans laquelle les deux fleuves devaient se jeter. Ainsi, les schémas d’utilisation

intégrée des eaux de l’Amou-Daria et du Syr-Daria, suivant l’hydraulicité annuelle,

ont prévu en moyenne un volume de 6,42 kilomètres cubes.

7. La gestion des eaux dans les pays du bassin de la mer d’Aral reste fondée sur

les schémas susmentionnés et un énorme volume d’eau est fixé chaque année pour

la mer d’Aral ainsi que pour les consommateurs individuels. Conformément aux

données de la Commission de la gestion coordonnée des eaux, la consommation

hydraulique de la mer d’Aral et de la région avoisinante s’est située aux alentours de

258 milliards de mètres cubes pendant la période 1992-2010, soit en moyenne

14,3 milliards de mètres cubes par an. Ce volume déterminé par la Commission pour

l’alimentation de la mer d’Aral dépasse en fait de presque deux fois la dérivation

annuelle des eaux du Tadjikistan pour le bassin de l’Amou-Daria.

8. De plus, le Tadjikistan n’atteint pas la limite annuelle moyenne fixée pour le

pays à 1,6 kilomètre cube et, compte tenu du retour des eaux, ce chiffre dépasse

5 kilomètres cubes. Un simple calcul arithmétique montre que, compte tenu des

quotas non utilisés, la mer d’Aral doit recevoir chaque année un complément d’eau

atteignant au minimum 10 kilomètres cubes. Si l’on se fonde sur les données de la

partie ouzbèke, selon laquelle l’apport en eau a diminué de 65 à 52 kilomètres cubes

en Ouzbékistan, la mer devrait donc recevoir chaque année un volume

supplémentaire de 13 kilomètres cubes d’eau.

9. Or, un tableau tout à fait différent apparaît dans la réalité. La mer d’Aral ne

reçoit ni le volume d’eau prévu pour elle ni l’eau non utilisée par le Tadjikistan. La

raison en est qu’une partie importante des eaux est perdue à la suite du faible

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rendement des systèmes d’irrigation qui atteignent à peine 30 à 40 %. Les pertes les

plus grandes dues à l’infiltration et le niveau le plus bas du rendement se produisent

dans le cours moyen et inférieur de l’Amou-Daria. Rien que durant les trois

dernières années, les pertes d’eau enregistrées ont été de 32 kilomètres cubes, soit

plus de 10 kilomètres cubes par an, ce qui dépasse de près de trois fois les chiffres

de la période soviétique. Les études réalisées ont montré que seuls 20 % du volume

total des eaux sont utilisés de manière productive, tandis que les 80 % restants sont

à jamais perdus.

10. L’assèchement de la mer d’Aral provient aussi en grande partie de la très

grande quantité de réservoirs qui continuent d’être construits sur les vastes plaines

de l’aval. Le nombre d’ouvrages de ce genre qui fonctionnent actuellement dépasse

la centaine et le volume approximatif des eaux qui y sont contenues atteint 140

kilomètres cubes. Ce chiffre dépasse de plus d’une fois et demie le volume actuel de

la mer d’Aral. Le volume des réservoirs en Ouzbékistan, compte tenu du système

des lacs d’Aidarkul-Arnasai et de Sarykamych (40 km3 et 46 km3 , respectivement)

ainsi que d’autres lacs artificiels alimentés par les eaux de délestage et de drainage,

atteint le volume actuel de la mer d’Aral.

11. Il faut aussi observer qu’à la suite de l’assèchement de la mer d’Aral, des

milliers de tonnes de sel provenant chaque année du fond de la mer sont transportées

par le vent et disséminées sur le territoire du bassin et dans ses environs. Une partie

de ce sel se dépose sur les neiges et les glaces de la région, ce qui s’ajoute au

réchauffement du climat pour accélérer le processus de fonte. Suivant l’évaluation

des experts, les ressources en glaciers de la région ont diminué de 30 % durant le

XXe siècle. Il est aussi peu réconfortant de constater que les prévisions font état de

la fonte continue des glaciers et, en conséquence, de la modification de l’écoulement

fluvial passant à long terme de chiffres insignifiants (5 à 10 %) à des chiffres très

importants (10 à 40 %). La fonte accélérée des glaciers crée des risques

supplémentaires pour le développement durable et la sécurité de la région en matière

d’approvisionnement en eau, en énergie et en produits alimentaires.

12. Il est surprenant de constater qu’au vu de ces faits, ce sont les ouvrages

hydroénergétiques du Tadjikistan et du Kirghizistan qui sont jugés responsables de

la destruction de la mer d’Aral et qui, en réalité, ne sont pas des consommateurs

d’eau mais simplement des utilisateurs de l’eau.

13. Le règlement de la crise de la mer d’Aral, qui est à notre avis aujourd’hui trop

politisée, exige non seulement que les pays de la région investissent d’énormes

capitaux dans le secteur de l’eau et de la réduction des cultures uligineuses, mais

aussi qu’ils aient entre autres la volonté politique de prendre en commun des

mesures à long terme pour assurer l’utilisation rationnelle des ressources

hydroélectriques de tout le bassin de la mer d’Aral. C’est pourquoi le Tadjikistan a

proposé de créer sous l’égide des Nations Unies des études intégrées d’experts sur

l’ensemble du système de l’utilisation de l’eau en Asie centrale, y compris l’examen

des questions d’efficacité et de rationalité du fonctionnement de tous les réservoirs

existants et l’étude intégrée de la situation écologique de la région. C’est sur

l’initiative du Tadjikistan qu’a été aussi adoptée la résolution 63/133 de l’Assemblée

générale sur l’octroi du statut d’observateur auprès de l’Assemblée générale au

Fonds international pour le sauvetage de la mer d’Aral.

14. Les réserves d’eau douce dans le monde, en particulier dans la région de l’Asie

centrale, ont diminué au cours des dernières décennies sous l’effet des changements

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climatiques, et l’insuffisance des ressources en eau est devenue de plus en plus

aiguë. Il est évident que la solution de ces problèmes n’est possible que compte tenu

des liens entre les ressources en eau, la sécurité énergétique et alimentaire et les

changements climatiques. La prise en compte de ces aspects essentiels des

problèmes actuels et futurs, aux niveaux mondial et régional, constitue la clef de

leur règlement rapide. En ce qui concerne l’Asie centrale, il est manifeste que le

développement de l’énergie hydraulique peut contribuer à la solution intégrée d’un

grand nombre de problèmes actuels et futurs de la région.

15. Le Tadjikistan, depuis plus d’une dizaine d’années, se heurte à un déficit très

grave d’énergie électrique durant l’hiver. En période la plus froide, la population du

pays n’a de l’électricité que pendant deux ou trois heures par jour et, dans certaines

régions, elle en manque pendant deux ou trois mois de suite. Il est évident que la

situation socioéconomique du pays en souffre beaucoup. Les efforts du

Gouvernement tadjik visant à sortir de la crise énergétique ont été virtuellement

réduits à néant en raison de la position de l’Ouzbékistan qui a bloqué le transport de

l’électricité du Turkménistan au Tadjikistan malgré le fait que les deux

Gouvernements ont signé un accord bilatéral sur les livraisons d’une quantité

indispensable d’énergie électrique en automne et en hiver. Cette situation contredit

aussi la résolution 63/210 de l’Assemblée générale, intitulée « La stabilité et la

fiabilité du transit des ressources énergétiques et sa contribution à un

développement durable et à la coopération internationale », dont les coauteurs ont

inclus tous les pays d’Asie centrale.

16. Il est tout à fait désolant de constater que, dans cette situation difficile, au lieu

de la compréhension et du soutien nécessaires, le Tadjikistan fait l’objet d’attaques

systématiques et dénuées de fondement. Malheureusement, c’est en vain que nous

avons lancé des appels en vue de l’exploitation commune des richesses

hydroélectriques du Tadjikistan pour que les pays de la région puissent avoir accès à

une énergie peu coûteuse et écologiquement propre et à un approvisionnement

stable en eau d’irrigation.

17. Le problème réside avant tout, en fait, dans le projet de centrale

hydroélectrique de Rogoun, dont plus de 40 % ont été déjà réalisés durant la période

soviétique. Bien que le droit d’achever la construction de cet ouvrage ait été

renforcé par des accords intergouvernementaux des pays d’Asie centrale après la

période soviétique, le Tadjikistan, manifestant sa bonne volonté et partant de la

nécessité de faire preuve de transparence et d’ouverture et de répondre aux intérêts

généraux de la région, a demandé à la Banque mondiale de réaliser une évaluation

technoéconomique et une étude d’impact socioéconomique du projet

d’aménagement de Rogoun. À l’heure actuelle, des consultants internationaux

réalisent ces évaluations et ces études et la Banque mondiale a créé parallèlement un

groupe d’experts et mis en oeuvre un nouveau mécanisme d’évaluation de ce projet

au niveau régional avec la participation des gouvernements de la région. Se fondant

sur les principes de bon voisinage et de coopération mutuellement avantageuse et

compte tenu des intérêts des pays voisins, le Tadjikistan a pris des mesures sans

précédent et est convenu d’employer ces nouvelles méthodes pour la réalisation de

l’ouvrage de Rogoun. De plus, le Gouvernement tadjik s’est adressé aux

gouvernements de tous les pays de la région pour leur proposer de prendre part au

consortium international s’occupant de la construction de cet aménagement

important.

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18. Il faut remarquer que la construction de la centrale de Rogoun était prévue

dans le schéma d’utilisation intégrée des ressources en eau de l’Amou-Daria qui sert

jusqu’à présent de document de base pour le partage des eaux entre les pays du

bassin. La centrale est appelée à améliorer l’approvisionnement en eau de plus de

3 millions d’hectares de terres irrigables dans les pays d’aval en période de pénurie

d’eau ou de sécheresse en assurant en même temps la sécurité à long terme dans le

domaine de l’eau, de l’énergie et de l’alimentation. En particulier, le schéma relatif

à l’Amou-Daria indique ce qui suit : « Pour le bassin de l’Amou-Daria, les délais de

mise en exploitation du réservoir de Rogoun ont une grande importance étant donné

qu’à compter de 1986, les besoins des consommateurs en matière d’apports de

l’Amou-Daria augmenteront la possibilité de régulation saisonnière en période de

pénurie. C’est pourquoi il pourra être difficile de gérer l’économie hydraulique du

bassin tant que le réservoir de Rogoun ne sera pas terminé ».

19. Par ailleurs, la centrale hydroélectrique peut produire plus de 13 milliards de

kilowatt/heure par an d’électricité peu coûteuse et écologiquement propre, ce qui

pourrait répondre aux besoins croissants non seulement du Tadjikistan, mais aussi

des autres pays de la région. Cela permettrait d’économiser les réserves de pétrole,

de gaz et de charbon, qui sont intensément utilisées par les pays de la région pour

produire de l’énergie électrique et réduire sensiblement les rejets de gaz toxiques

dans l’atmosphère. Il est connu qu’une centrale thermique d’une puissance égale à

la centrale hydroélectrique de Rogoun (3 600 MW) en un an consomme plus de

10 millions de tonnes de charbon et rejette dans l’atmosphère plus de 25 millions de

tonnes de gaz carbonique. Le réservoir de la centrale servira aussi à prévenir des

conditions hydrométéorologiques extrêmes telles que les inondations, les coulées de

boues et les crues qui créent chaque année d’énormes dommages dans presque tous

les pays du bassin. Par exemple, rien qu’en 2010, les dommages causés au

Tadjikistan par les torrents de boues et les inondations ont dépassé 600 millions de

dollars des États-Unis.

20. En ce qui concerne la sécurité du barrage de Rogoun, les expertises effectuées

à plusieurs reprises par des instituts de renom ont confirmé la solidité du barrage en

enrochement à noyau d’argile de la hauteur prévue comme étant la construction la

plus fiable et la plus durable et présentant le moins de risques. Par exemple, la

société « Gidroproekt » de Tachkent, sous la direction scientifique de l’académicien

Sabit Negmatoullaev, a établi un rapport sur la sismicité et le risque sismique sur

l’emplacement du barrage de Rogoun qui a confirmé, sur la base des données

sismologiques recueillies au Tadjikistan depuis 500 ans, que la zone de construction

du barrage n’avait jamais connu de tremblement de terre de force supérieure à six.

21. Par ailleurs, le succès de l’exploitation depuis 40 ans du barrage de Nourek,

d’une hauteur de 300 mètres, qui est similaire au barrage de Rogoun et situé dans un

endroit de même formation géologique, a indéniablement confirmé les conclusions

susmentionnées. Il convient de remarquer qu’en octobre 2009, la Commission

internationale des grands barrages (CIGB) a conféré au barrage de la centrale de

Nourek un prix d’excellence et un certificat de qualité en tant que plus haute

réalisation de l’art de l’ingénieur. Le barrage de Nourek, qui a fait appel à des

technologies nouvelles, servira aussi d’exemple pour la construction du barrage de

Rogoun. Néanmoins, la question du risque sismique est étudiée de près dans le cadre

des évaluations techniques et des études d’impact qui ont été faites pour la centrale

de Rogoun.

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22. Malgré l’utilité manifeste de la centrale de Rogoun pour les pays d’Asie centrale et un certain nombre de pays d’Asie du Sud, et en dépit de la transparence et de la légitimité des activités du Gouvernement tadjik en ce qui concerne l’achèvement de la construction de la centrale compte tenu des principes et des normes fondamentaux du droit international et des intérêts des pays riverains, l’Ouzbékistan mène depuis les dernières années une campagne sans précédent de déclarations publiques, de messages dans les médias et de discours dans les instances internationales en vue de discréditer le projet.

 

23. Prenons comme exemple la Conférence internationale consacrée au thème des « problèmes écologiques transfrontières de l’Asie centrale : le recours aux mécanismes juridiques internationaux pour les régler », qui a eu lieu à Tachkent les 16 et 17 novembre 2010. Le Tadjikistan, partisan convaincu de l’examen transparent et constructif des problèmes qui existent dans les pays d’Asie centrale, en particulier dans le domaine de l’eau, de l’énergie et de l’environnement, avait l’intention de prendre activement part aux travaux de cette conférence et d’apporter son concours au succès de la réunion. Cependant, il est profondément regrettable que les organisateurs de la Conférence, au mépris du caractère international déclaré de la réunion, n’aient pas jugé nécessaire d’inviter nos collègues tadjiks. Ce fait ne manquera pas de mettre en doute les objectifs et les travaux déclarés de la réunion, sa transparence et son objectivité. De telles manifestations qui ne permettent pas la participation de tous les pays intéressés sur un pied d’égalité vont à l’encontre des normes et des principes énoncés dans la Charte des Nations Unies, des dispositions des conventions internationales sur l’environnement et des autres actes juridiques internationaux, et visent à détruire le processus de coopération régionale en Asie

centrale.

 

24. Le Tadjikistan n’a jamais cessé de se prononcer en faveur de l’amélioration et du renforcement de la coopération et du partenariat au niveau régional, du règlement des problèmes qui se posent en Asie centrale, en particulier dans les domaines de l’eau, de l’énergie et de l’environnement, au moyen du dialogue et des négociations sur la base des normes et des principes énoncés dans la Charte des Nations Unies, et entreprend tous les efforts possibles pour parvenir au développement durable, au bien-être et à la prospérité de la région. Se fondant précisément sur ces mesures et ces objectifs, la délégation tadjike a pris part à la Conférence qui a eu lieu récemment à Tachkent sur le thème « Vers le sixième Forum mondial de l’eau : une action commune en faveur de la sécurité de l’approvisionnement en eau ». Cette

conférence, convoquée pour mettre au point une position concertée de tous les pays d’Asie centrale sur les thèmes prioritaires du Forum mondial de l’eau, a été pratiquement transformée en instrument de pression sur les pays d’amont, c’est-àdire le Tadjikistan et le Kirghizistan, au moyen d’une évaluation unilatérale et biaisée de l’importance des aménagements hydroélectriques en construction dans

ces pays.

 

Il est surprenant que l’une des 12 priorités du sixième Forum mondial de l’eau, « l’harmonisation de l’eau et de l’énergie », qui est la question de la plus haute actualité pour la région, ait été complètement mise de côté par les organisateurs lors de l’établissement du programme de la réunion. Il faut remarquer aussi que ces organisateurs ont spécifiquement invité à la Conférence uniquement les participants qui leur étaient « utiles ». Par exemple, trois experts tadjiks n’ont pas obtenu de visa d’entrée en Ouzbékistan.

 

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26. Le côté partial de la Conférence se voit aussi dans le format et le thème choisis pour les tables rondes, où les principaux intervenants ont été essentiellement les représentants du pays hôte. De plus, il n’y a pas eu de temps consacré à un examen ouvert des rapports présentés, comme l’exigent les normes applicables aux réunions de ce genre. La teneur des tables rondes n’a absolument pas correspondu à leur nom. Par exemple, dans le cadre de la table ronde sur « la gestion des risques et la sécurité de l’approvisionnement en eau », où il aurait fallu examiner un large éventail de problèmes essentiels pour la région, les organisateurs ont mis exclusivement l’accent des exposés sur le problème de la sécurité des aménagements hydroélectriques et, plus particulièrement, sur ceux qui se trouvent sur le territoire tadjik. Bien que les organisateurs se soient efforcés de se distancier de l’examen des problèmes de l’utilisation des ressources hydroélectriques dans la région, les débats de la Conférence ont dans leur ensemble porté précisément sur cette question. Cependant, le Document final de la Conférence ne contenait aucune proposition qui aurait reflété les résultats de ces discussions. Le document établi par les organisateurs a été diffusé juste avant le début de la dernière séance plénière et les participants n’ont pas eu la possibilité d’examiner soigneusement le texte et de présenter leurs remarques et leurs propositions. La délégation tadjike a été obligée de s’élever contre l’adoption de ce document final devant le fait que les questions des liens réciproques entre la politique de l’eau et celle de l’énergie ont été passées sous silence, et malgré leur caractère essentiel pour résoudre les problèmes d’eau de la région et dont il a été donné une interprétation fausse du droit international de l’eau dans l’intérêt des divers pays. Ainsi, la Conférence, créée pour établir des mesures concertées et communes visant à régler les problèmes prioritaires de l’eau dans la région, s’est déroulée, en raison de la démarche unilatérale des organisateurs, dans un climat absolument dépourvu de constructivité. Cet aspect des travaux de la Conférence n’a pas été reflété dans la lettre du Représentant de l’Ouzbékistan auprès de l’Organisation, distribuée à l’Assemblée générale est incompréhensible que, malgré les évaluations et les études d’impact du projet de centrale hydroélectrique de Rogoun effectuées par la Banque mondiale, les représentants de l’Ouzbékistan continuent encore à faire effectuer des expertises internationales de ce projet. Il n’est pas compréhensible que l’on puisse chercher à rejeter des études internationales actuelles faites sous l’égide de la Banque mondiale, comme le cherche l’Ouzbékistan. Mais il est manifeste que l’Ouzbékistan essaie par tous les moyens et sans aucun fondement de bloquer l’achèvement de la construction de cet aménagement hydraulique qui est important pour le Tadjikistan et pour l’ensemble de la région.

     

Ce fait ressort clairement du refus de la délégation ouzbèke officielle de participer à la première rencontre des pays riverains pour examiner le projet de centrale hydroélectrique de Rogoun, qui a eu lieu sous l’égide de la Banque mondiale à Almaty, du 17 au 19 mai 2011. Il n’est pas compréhensible que l’on puisse condamner le Tadjikistan pour une action multilatérale concernant la construction d’un aménagement hydroélectrique, en contradiction avec les normes et principes fondamentaux du droit international de l’eau, et en même temps refuser de participer à une réunion multilatérale visant à parvenir à une position concertée de tous les pays de la région dans le domaine en question. Cette position même, de toute évidence, ne correspond pas aux normes du droit international, ni aux principes de relations amicales et de bon voisinage.

 

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29. Le Tadjikistan estime que seuls des efforts menés en temps voulu et en commun permettront aux pays de la région de répondre aux défis actuels et de trouver un moyen légal de résoudre les problèmes actuels et à venir. Une action commune de toute la région à l’égard de l’utilisation des ressources hydrauliques de l’Asie centrale permettra de collaborer plus efficacement à l’exploitation de ces ressources pour assurer la sécurité de l’approvisionnement en eau, en énergie et en produits alimentaires, la croissance économique et l’amélioration du bien-être de la population et parvenir dans l’ensemble au développement durable de toute la région. 30. Le Tadjikistan a pleinement conscience qu’aucun progrès n’est possible sans une coopération dans le domaine de l’utilisation des ressources hydroélectriques. À cet égard, il est pleinement résolu à continuer à coopérer avec toutes les parties intéressées et, en tout premier lieu, avec les pays de la région sur la base des principes et des normes généralement reconnus énoncés dans la Charte des Nations Unies et les accords intergouvernementaux en vigueur.

1Allemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Danemark, Irlande, Royaume-Uni, Grèce, Espagne, Portugal, Autriche, Finlande, Suède, Chypre, Hongrie, République Tchèque, Slovaquie, , Slovénie, Lituanie, Lettonie, Pologne, Estonie, Malte, Bulgarie et Roumanie

2L'UE dispose de trois institutions principales au fonctionnement hybride: la Commission, organe exécutif supranational d'initiative législative, le Conseil, clé de voûte politique à caractère intergouvernemental représentant les États-membres (et exerçant une « souveraineté partagée ») et enfin le Parlement européen, tribune politique et voix des citoyens qui en fait un lieu de débat et une institution de co-décision législative complétant la structure globale. L'UE est un ensemble régional doté de compétences propres et dans la plupart des cas à caractère économique. A cela s'ajoutent d'autres institutions, au premier rang desquelles figurent la Banque Centrale Européenne qui est chargée de définir les grandes orientations de politique monétaire de la zone euro et de prendre les décisions nécessaires à sa mise en œuvre et la Cour de Justice du Luxembourg qui a pour fonction de surveiller l'application du droit et l'uniformité de son interprétation dans l'UE.

3 La CEE a été crée par le Traité de Rome par les six pays fondateur: l'Allemagne, la Belgique, la France, l'Italie, le Luxembourg et la Pays- Bas.

4Proposé par la Commission Européenne en décembre 2008 et approuvé par le Conseil en mars 2009.

5 Voir à ce sujet le débat entre SOUTOU, G.-H., De l'équilibre européen à l'équilibre mondial ? et BUJON DE L'ESTANG, F., Ambassadeur de France, Interdépendance et concert des nations, dans Mondes : Les Cahiers du Quai d'Orsay, n°5, Automne 2010, pp. 5-23.

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